Bienvenue sur Casamance niomoun
Nouveau blog et suite de "afuma" et "blackcloud" que vous pouvez voir en cliquant sur la rubrique "voyage" située à gauche de la page. Vous y retrouverez d'autres amis voileux.... Que de riches évènements pour les habitants de Niomoune, Justin et moi!!!!!
Après avoir passé notre temps à aménager notre grande maison familale toute en banco, nous avons commencé notre "hébergement chez l'habitant" ainsi que les ballades en pirogue dans les bolongs. Nos premiers clients, Nico, Jane et Atika sont repartis de l'île enchantés, voire comblés de tout ce qu'ils ont vécu en notre compagnie. Merci à Gégé et Soizic au passage.
Libertalia.Notre pirogue pour vous emmener dans des endroits de rêve
Home, sweet home...
Deux des trois chambres prêtes à vous accueillir...comme chez vous!
Artisanat
Durant les conflits qui ont sévit dans cette belle Casamance, le tourisme fut plus qu'inexistant. Auparavant, les touristes arrivaient en nombre sur l'île et profitaient du marché artisanal des femmes du quartier d'Ouback pour emporter divers souvenirs.
Aujourd'hui, le calme règnant, en association avec toutes ces femmes pleines de courage et d'entrain, notre maison c'est aussi la boutique de l'art! Chapeaux, paniers, vannoirs et autres petites choses, confectionnés uniquement à base de feuilles de palmiers rogniers séchées et petits morceaux de sacs plastiques de couleurs (vive le recyclage!!!) n'attendent que vos yeux admiratifs devant un travail méticuleux et créatif. Les recettes des ventes sont directement reversées aux "artistes".
Anjou, notre couturière, se fait plaisir en confectionnant pour vous le vêtement de vos rêves. N'hésitez pas à lui ramener vos tissus achetés soit à Dakar au marché Grand Yoff, soit au marché Boucotte de Ziguinchor.
les balades
Ce blog étant réservé, dans un premier temps, à vous faire découvrir vos futures vacances, voici ce que Justin, votre guide, et moi-même, vous proposons:
Des balades à pied de Niomoun à Tanktank, dans une vraie brousse africaine. Sachez que Niomoun est une terre sacrée, parsemée de fétiches Diola. La protection anémiste y est omniprésente. Tanktank est LE lieu sacré des Diolas du quartier d'Ouback. Vous y verrez les arbres sacrés comme les baobabs, des palmiers géants d'où, pour certains, coule la sève sacrée appelée "Bunuk" ou vin de palme, tirée par d'excellents acrobates comme Emmanuel.(pour ne citer que lui)
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Nous vous emmenerons dans les risières participer à la récolte du riz (de novembre à février) et vous goûterez au travail exécuté dans la joie, les rires et les danses de toutes les femmes présentes sur les lieux. Ambiance festive garantie par une dégustation en commun de poissons, fraichement pêchés, à l'heure du repas, arrosée de jus de bissap ou de "bunuk" servis tout au long de ces journées de "labeur"!
récolte de riz
Pour les plus résistants, à la fin de la saison des pluies, vers les mois d'Août et Septembre, vous repiquerez le riz dans un espace si verdoyant que vous aurez du mal à vous imaginer que la sécheresse sévit dès le mois de décembre. 
repiquage

...les balades
Des balades en pirogue à travers les bolongs vous ferons naviguer à travers ce monde féerique qu'est la nature en casamance. Justin vous emmenera dans des endroits ou nul autre embarcation ne peut s'aventurer. Vous aurez peut-être la chance d'apercevoir un crocodile se prélassant sur le rivage, sous les rayons du soleil, stoïque à l'heure de la sieste. Ou peut-être attraperez-vous un gros poisson qui fera votre repas (et le nôtre...) tel que carpe noire, carpe rouge, sole, barracuda, etc... grâce à une ligne confectionnée par votre guide, Justin, véritable expert de la brousse et de la pêche, comme le sont la plupart des Diolas! Vous en prendrez plein les mirettes, installés au mieux dans "Libertalia", notre pirogue construite par un ancien de Tanduk et amoureusement taillée par Aziz, véritable artiste du bois à Ouback, l'un des quatre quartiers de Niomoun.

vie quotidienne
En dehors des ballades qui peuvent vous mener jusqu'au musée "kadioute", près du Cap Skirring, avec Justin, votre guide et piroguier préféré, vous participerez à notre vie quotidienne.
La journée débute avec un bon petit déjeuner fait de café, de thé ou chocolat accompagné de pain confectionné par Arsène ou Félix, les deux boulanger d'Ouback. Si le coeur vous en dit, vous dégusterez les confitures de Bissap ou de Pain de singe (Houbac), faites avec amour par vos hôtes...cf.photo...
Une fois rassasiés, nous ferons ensemble votre programme de la journée.
Sachez que la vie dans un petit village comme Niomoun, est un pur retour aux sources.
Une petite "modernité" tout de même: la maison est équipée d'un panneau solaire permettant un bon éclairage dans la salle principale. Dans les chambres, la lueur d'une bougie rend l'espace chaleureux, intime voire romantique...
Les toilettes se font à l'aide d'un seau rempli d'eau puisée soit dans les risières (saison des pluies), soit à la citerne (chaque quartier a sa propre citerne). L'eau est potable mais nous vous conseillons d'emmener des pastilles (vendues en pharmacie).
Les repas se prennent en commun, en famille...ou avec les copines! Le partage, c'est d'abord ça!
Justin, Anjou, Agathe et Libéria
Pour toute autre information, cliquez sur la photo de l'auteur (en haut à gauche) puis sur le lien "contactez moi" et posez toutes vos questions.
petit plus...
Un petit plus dans votre séjour. Si le soleil accablant ne vous enlève pas toute l'énergie qui est en vous, bienvenue dans la construction de maison traditionnelle! Les gens du village vont se faire un plaisir de vous inviter à manier le "kadiandou", outil traditionnel Diola. C'est comme ça que notre ami Julien du voilier "Goelane" a découvert comment construire une maison en banco...
Lucie: une solution?
Tous ceux qui me connaissent savent que, depuis que je vis à Niomoune, je tente de faire des petites choses pour mon village: récolter des vêtements pour les enfants, gentiment offerts par tous mes amis de Marseille et Paris, des jouets, des livres et beaucoup d'autre choses bien utiles. Cette solidarité s'est mise en place le plus naturellement du monde et toutes les femmes de Niomoune en sont très touchées et reconnaissantes. L'année passée, j'ai tenté d'acheminer une poussette pour un enfant handicapé mais problème: A l'aéroport, la compagnie aérienne me demandait 150€ de frais en plus sous prétexte que, je cite: "Vous ne voyagez pas avec l'enfant alors vous payez en plus! Si l'enfant était avec vous, le transport de cette poussette serait gratuit!"
Aujourd'hui, j'envoie un mail d'appel à l'aide au Docteur Y.Menguy (Anima). Ce dernier, avec l'aide de bénévoles médecins, vient deux fois par an en Casamance, prodiguer des soins à la population.
Bonjour Yves,
Tout d'abord, bonjour à l'équipe d'Anima que je n'ai pas eu trop le temps de saluer à Niomoune.
Je te sollicite dans l'espoir de trouver un voilier en partance de Marseille (ou ses environs) pour la Casamance, qui pourrait acheminer une poussette pour enfant. Je t'explique: Tu connais sûrement Lucie, du quartier de Ouback avec son petit, Djibi. Ce dernier est atteint d'une maladie incurable qui fait que jamais de sa vie il ne marchera. Je n'ai pas les termes techniques pour expliquer ce phénomène, que tu connais sûrement. Avec des amis et l'aide de Justin, nous avons acheté une poussette canne et nous allons la transformer pour que la maman puisse s'en servir sur l'île afin qu'elle ne soit plus condamnée à porter son enfant toute sa vie. Djibi passe, en effet, son temps dans le dos de sa mère (il a plus de trois ans) ou assis dans une bassine (ne pouvant tenir en équilibre); Lorsqu'il arrive à se déplacer, c'est en se traînant sur le sol. Une poussette aménagée permettrait à la maman une plus grande liberté et une meilleure santé pour son dos dans les années à venir.
Seul problème comme d'habitude: le transport de cette poussette me coûterait, par avion, 150€!!!!!(tarif de la TAP).
Connaitrais-tu donc une âme charitable qui puisse m'aider? Par voilier ou par voiture?
Merci d'avance et à très bientôt à Niomoune.
Anouck
Et vous? Auriez-vous un tuyau? ... photo de Lucie, la maman
comment se rendre à Niomoune?????
De chez vous à Dakar:
Des vols pas chers sur:http://www.promovols.com/
De Dakar à Ziguinchor:
Tapez http://kassoumay.com puis cliquezsur "casamance" puis sur "comment y aller".
De Ziguinchor à Niomoune:
Chaque matin, vers dix-onze heures, une pirogue part de l'embarcadère "ancien bac" et vous dépose sur notre île de rêve...3h après!!!! Séquence découverte assurée!!!!

vos contacts à Niomoune
Pour tous renseignements, contactez:
Soit
Anouck au 06 79 01 88 87 (jusqu'au 15 mai 2010) ou au (00221)77 795 85 99 portable sénégal ou par mail sur cloudblack3@yahoo.fr
Soit
Justin au (00221)77 320 42 04
message du dispensaire
Le dispensaire de Niomoune a besoin de matériel pour diabétiques; Y a t-il quelqu'un qui veuille, qui puisse faire un don?
Voici la liste(établie par l'infirmier bénévole de Niomoune): Pour un "OPTIUM XEED"
OPTIUM PLUS : Electrodes de dosage de la glycémie, électrodes de dosage de la cétonémie, étalonneur de dosage des cétones, étalonneur de test de glucose, des piles de remplacement.
Voilà, je ne comprend pas tout et j'espère ne pas avoir fait de fautes. ce blog sert aussi à ca: aider ceux qui en ont besoin; Je ne suis pas habilitée à trouver ce genre de produit mais je le suis pour transmettre le message. Si vous pouvez faire quelque chose cela nous aiderait à suivre nombre de diabétiques sur l'île et ses environs car OUI! Le diabète sévit aussi en Casamance.
videos
http://vimeo.com/11258017 mes videos sur vimeo
c'est bon le retour!!!!!
Décidement j'ai plus peur en avion qu'en pleine mer!!!! Les atterrissages, les décollages déclenchent en moi une peur surdimensionnée! Jamais je ne me ferai à l'idée qu'un gros truc en zinc avec des soi-disant "ailes" puisse m'emmener en quelques heures de Marseille à Dakar. et pourtant: en passant sept heures à Lisboa dans un aéroport conçu exclusivement à l'image de notre société consommatrice à outrance (les gens se ruinent dans les boutiques avant même d'arriver à destination de leur "vacances de rêve"...) et grâce à mon ordi ridiculement petit, je me suis fait le plaisir de regarder deux films made in Africa: Madame Brouette et Le ballon d'Or.
Départ de Marseille à 12H45, arrivée à Dakar à 3H du mat (heure française), accueillie par mon amour de Justin et sa gentille cousine, Jeanine, je me replonge avec délice dans l'ambiance africaine: le bruit, les odeurs, les salutations à tout va, la vie quoi....!
Trois jours passés dans la famille: distribution des 50 photos Dakaroises (il m'en reste 250 à distribuer sur Niomoune), dégustation de plats typiques familiaux comme le Thiébe-dien, le Maffé et touti cuanti!!!!! je n'ai pas perdu les kilos pris en France chez mes amis Nat et Gilles! Cool!
Puis, un petit tour de 12H sur l'Océan, une courte nuit à dormir et un réveil parmi les dauphins...nous voici de retour à Ziguinchor!Je pense à Dali et Dom, à Anita et son clown, à tous mes amis qui m'ont promis une petite visite en Casamance.
Pause car je dois aller au consulat pour des papiers...je reviens....
youpie!!!le retour
Oups!!!!Me voici de retour à Zig.
« Ben tu nous dis: » je vais au Consulat et je reviens.... »et tu ne reviens que maintenant???? »
OK! Je vous explique.
Après être passée au Consulat demander quelques renseignements, j'accompagne Justin dans une
administration de Zig car mon consulat me demande un papier bien spécifique pour la suite des
évènements. Surprise!!! Trois fonctionnaires sénégalais nous accueillent avec des « gâteaux cocos ».
Jusque là, tout va bien. Mais lorsque Justin présente un document numéroté que le registre des actes
de naissance lui a procuré, la situation dégénère:
« C'est un faux!!!! » s'exclame l'un des fonctionnaire et il balance ledit document sur la table, trop
violement à mon goût.
Justin pâlit (ben oui), il ne comprend pas. Je demande à l'homme « Comment ca un faux??? C'est la
préfecture de Diouloulou qui lui a donné pour faire une carte d'identité et un passeport, choses que
nous avons fait l'an passé moyennant de fortes sommes!!!! Ce n'est pas un faux quand même!!! »
Le deuxième homme ne dit rien mais le troisième, assis nonchalament sur sa chaise bancale, se
redresse brutalement et me toise du regard:
« Madame, on vous dit que ce papier est faux!!! Il porte un numéro de registre qui n'existe pas!!! De
ce fait, la carte d'identit é et le passeport ne sont pas valables non plus!!! C'est comme ça!!! ».
Justin a beau expliqué toutes les démarches qu'il a accompli l'année dernière pour avoir ces précieux
documents, le mec lui hurle dessus en Wolof. Justin est déconfit et moi, je sens la colère me monter
au cerveau.
Ils nous expliquent que tout est à refaire: les démarches, les frais, tout tout tout.
« Bon: au départ, c'est une erreur de votre administration qui n'a jamais enregistré la naissance de
Justin à l'époque. Résultat: il était inexistant jusqu'à l'an dernier; Aujourd'hui, vous nous dites qu'il
faut encore tout refaire et repayer tout!!! Mais c'est du racket!!!! »
Mon côté punketterockn'roll a pris le dessus sans que je puisse me controler.
« QUOI?????? Madame ne dites pas qu'il y a du racket dans notre administration!!!! Si vous n'êtes
pas contente vous sortez!!! ». Ben je suis sortie....
Au bout de cinq minutes, le premier gentil a tenté de me faire revenir dans le bureau mais j'ai refusé.
Résultat des courses: Il nous a fallu partir à Niomoun pour revenir aujourd'hui à Ziguinchor. Justin
est retourné à la préfecture et à l'heure où je vous écris ces lignes, il est en compagnie de ces gentils
« messieurs » et la suite...inch Allah!!!!
Sinon, nos trois jours passés à Niomoun furent une véritable replongée dans la vie Diola: enfin
retrouvée notre maison toute colorée et aménagée par Justin pendant mon absence, retrouvés les
« Kassoumaye? Kassoumaye balé!!! », retrouvées les risières asséchées dans lesquelles nous creusont
des mini puits pour notre approvisionnement journalier en eau, les citernes étant définitivement
vides, retrouvés les repas « rizpoisson », retrouvés les sacrifices au bounouc ou autre cérémonies
comme une dot où tout le village s'est vu offrir 4x60 litres de ce bon vieux vin de palme! Bon je
vous rassure: il y avait un 60 litres exclusivement réservés aux anciens qui, en ce moment, se
réunissent chaque jour pour délibérer sur les tâches à attribuer à chaque personne pour le bon
déroulement des préparatifs de ce grand événement qu'est la circonsision. Une date butoire? Le 26
ou le 28 juin, tout dépend de la personne à qui je demande..... Afrique quoi!
En ce qui nous concerne, Justin et moi, il nous faut investir dans des nattes, des petits matelas, une
bouteille de gaz, du bois pour faire deux fenêtres, une dizaine de bidons de vingt litres pour
récupérer les eaux de pluie, quelqueautre petit détail, et nous serons fin prêts à accueillir nos
premiers « invités »(vient qui veut).
Tout ça sous un ciel voilé et une chaleur torride à l'approche des pluies qui ne sauraient tarder.
Douce Casamance
L'hivernage approche. Le ciel se charge de nuages gris, l'air est lourd de chaleur et d'humidité. Les jolis oiseaux des risières n'ont pas encore pointé le bout de leur bec à l'approche des pluies mais cela ne saurait tarder. Vite! Vite! Il faut finir les constructions des nouvelles maisons avant que les pluies diluviennes tant attendues ne s'abattent sur les murs en banco fraîchement montés. Mais confiance: les Diolas savent bien géré le temps et les anciens veillent sur le moindre indice provenant des cieux....
Le BUKUT ou la circonsision Diola
Diatite...Diatite...L'hivernage s'est approché à grand pas et les grosses chaleurs se sont installées, insupportables. A Ziguinchor, la vue des palmiers courbés par le vent n'est qu'un prémice de ce qui nous attend dans les prochains jours;
A Niomoune, les constructions des maisons sont terminées. Tout le monde s'affaire à régler les derniers détails en prévision de la grande cérémonie qu'est le Bukut, c'est à dire la circonsision. D'ailleurs, elle ne se déroulera pas le 25, le 26 ou le 27 juin, mais le 17 juillet. C'est bien à cette date fixée définitivement que nos futurs initiés pénètreront dans le Bois Sacré, vêtus de pagnes, ornés des multitudes de colliers en perles que nous, les femmes, leur ont confectionné pour l'occasion, pour n'en ressortir qu'un mois après, majestueux dans leurs boubous tous neufs, un bâton rempli de symbole au creux de la main (les Honouk), décorés par les mêmes perles reliées entre elles par nos soins.
En attendant, les journées défilent à une vitesse vertigineuse. Le délai supplémentaire octroyé par les anciens n'est pas superflu! Certains en profitent pour aller couper plus de bois en brousse (surtout les femmes), pendant que d'autres mobilisent les jeunes pour un travail des plus périlleux: grimper sur de hautes charpentes afin d'y fixer des ballots de paille coupés en brousse. Le résultat est magnifique: des murs en banco protégés par un toit en paille des plus solide, empêchant la moindre goutte de pluie de s'y infiltrer, paré pour les tornades. Quelques pures maisons traditionnelles Diola défient encore les toits d'aujourd'hui fait de tôle qui jalonnent l'île en guise de progrès...le signe d'une sorte de richesse...Paraît-il...
En fin de journée, après un dur labeur, le Bombolong résonne: c'est l'heure du Djibome, la danse traditionnelle d'initiation du Bukut (et non pas Bounouc comme l'écrient certains voileux de passage...)
Au sons des tam-tam, les jeunes filles et les mamans forment un cercle et soutiennent le rythme à l'aide de morceaux de branches de palmiers rogniers séchées, tenus dans chaque main, qu'elles frappent l'un contre l'autre. Cet excercice m'a valu des ampoules aux mains la première fois que j'y participai cinq heures durant!!!
Les anciens en tête, les futurs circonsis adultes et enfants défilent devant nous avant d'entamer leurs danses rituelles. Plus le soleil décline, plus les rythmes s'accélèrent, plus les participants sont nombreux. A la nuit tombée, seul un grand feu devant lequel un jeune garçon chauffe les peaux des tam-tam afin de les retendre, illumine la scène, faisant danser les ombres. Le chant des femmes m'emportent et j'en oublie la chaleur torride, humide du moment. Je me laisse entraîner dans une tradition qui s'ouvre à moi au fil du temps, malgré la douleur dans les pieds et les mains ressentie par l'effort que je dois fournir à encourager les danseurs, tout comme le font mes amies.
Cette tradition se perpétue et se répète tous les vingt ans (ou vingt cinq comme c'est le cas pour Niomoune). Elle est destinée à réaliser un passage de "l'homme naturel à l'homme culturel"(cf D.Gilbert). Plus clairement, ceux qui passent cette phase d'initiation, de circonsision au Bois Sacré, ne sont plus de simples hommes mais deviennent psychologiquement(et mystiquement!) de véritables hommes de savoir tant sur le plan de leur culture, leurs traditions que sur tout ce qui fait leur vie, tous livrés à la justice divine.
C'est un passage "grandiosement"primordial dans la vie d'un Diola. Pour cette raison, tous les Diolas de Niomoune ou issus de Niomoune qu'ils soient à Dakar, en Europe ou ailleurs, tiennent à passer au Bois Sacré, plus par tradition et croyance que par obligation. Anémistes ils naissent, anémistes ils demeurent!
De par ce fait, l'île qui compte en général 3500 habitants environs, va devoir accueillir le quadruple de sa population!!! Et nous nous devons de recevoir tous ces invités venus de toute part sur des pirogues journalières, affrêtées pour l'occasion.
BUKUT: les préparatifs à Niomoune
Nous devons appréhender cette invasion humaine avec minutie. Tout prévoir! La quantité de riz, de mil, les petits déjeuners, pour tous ceux, famille ou amis qui "squatteront" nos pauvres demeures!!!!
En plus de nourrir et loger nos "invités" (vient qui veut donc!) nous (les femmes) devront préparer, à longueur de journée, les repas quotidiens de tout le monde dans le village. Le riz à cuire dans des marmittes gigantesques, les boeufs tués pour l'occasion (trois ou quatre par jour!) à faire mijoter dans des marmittes toutes aussi impressionnantes, le tout en chantant et dansant dans une communion toute aussi contagieuse qu'organisée. Pantagruélique!!!!! cela va être (d'après les dires de ceux qui ont vécu le dernier évènement de 1985). J'ai appris qu'en réponse à nos efforts, des chants magnifiquement mélodieux s'échapperont des Bois Sacrés, exécutés par les hommes et les enfants (l'âge varie de cinq à trente ans) que nous ne reverront que le jour de leur sortie, soit environ un mois après leur entrée dans le Bois. Dans le temps, le Bukut durait trois mois! De nos jours, les temps changeant, cette fête de la circonsision s'est vue réduite à un mois du fait du changement des conditions climatiques: moins de pluies, moins de récoltes donc moins de riz stocké dans les greniers en prévision du rite.
Malgré tous ce travail de préparatifs, j'arrive à m'occtroyer un peu de répis. Justin m'embarque dans Libertalia et me laisse à Eringa, chez Yves et Sosso, afin d'embarquer sur le voilier Arznaël.
Une petite navigation jusqu'à Ziguinchor me fait le plus grand bien surtout que nous retrouvons mes amis de toujours: les dauphins!!!! Je quitte donc Eringa, véritable havre de paix et me retrouve à Ziguinchor pour y faire moultes courses...encore de l'huile, encore des condiments divers, encore...encore...
Dumbia
Me voici porteuse d'un douloureux message.
Dumbia, notre ourageux boutiquier de Somme à Niomoune, n'est plus. Cet homme d'une quarantaine d'année s'est éteint hier alors qu'il se faisait conduire à l'hôpital de Ziguinchor. Une semaine auparavant, à Niomoune:
"Eh! Doumbia! Qu'est ce que tu fais?"
Il creusait de la terre derrière sa boutique.
" Tu sais Anouck! Avec l'invasion que va subir l'île, il me faut construire des douches supplémentaires."
"Mais Doumbia! Tu es seul à faire ce travail, en plein soleil!!!!"
"Comment faire? La circonsision c'est important. Nous devons choyer nos invités."
Ce fut notre dernier échange verbal.
Je suis sous le choc, comme beaucoup d'entre nous. Cet homme, si courageux, se battait depuis longtemps contre le diabète. C'est pour lui que j'avais laissé un message sur ce blog concernant du matériel pour diabétique. Sans résultat....
Toujours souriant Doumbia, jeune papa et tellement courageux!!!! Je l'ai vu travailler dur tout le temps, parfois plus qu'un autre....
Que la terre de Niomoune lui soit légère....
Niomoune en fête
Incroyable!!!! Depuis le 17 juillet, il s'est passé tant de choses!
Le grand phénomène traditionnel des Diolas, le "Bukut"( Wolof) ou "Kalem" (Diola) est, je pense, indescriptible sur un blog simple.
Il va me falloir quelques jours de plus pour narrer correctement (ou du moins le mieux possible) ce qu'est ce grand évènement.
Pour résumer les choses, en attendant la sortie du Bois Sacré des nouvaux initiés (sortie prévue Jeudi), je peux dire ceci:
Le samedi, les futurs initiés ont été rasé sur la place d'Ouback. Interdit de filmer me dit-on. Je n'ai d'ailleurs pas filmé grand-chose depuis car beaucoup d'interdits.....
Après une nuit passés assis (ou couchés pour les plus exténués) sur des nattes, en pagne et tee-shirt, en compagnie de quelques mamans qui ne cessaient de chanter, nos futurs initiés, après s'être rendus dans les autres quartiers de Niomoune(les quartiers de leur maman), après le rite de la "course" dans les mares (peut être une sorte de purification), se sont rendus dans le Bois Sacré. Je ne peux raconter comme ca les faits. Il me faut plus de temps pour décrire tout ce qui s'est passé car tout était intense. Des milliers de personnes couraient dans les rizières afin de voir de plus près les futurs hommes.
Je m'attarderai plus tard.....
En tout cas, depuis ce grand jour, pendant qu'ils chantent des chants propres aux initiés, cloîtrés dans leur bois, le village s'affaire continuellement:
Chaque jour, un groupe de femmes leur préparent les petits déjeuners, les déjeuners et les dîners. Tout est apporté par des hommes car aucune femme n'a le droit de franchir la limite village-rizières qui mène au Bois Sacré.
Dans chaque maison, les repas pour toute la famille sont préparés ainsi que des "petits plus" pour les initiés issus de cette même famille.
Un travail sans répit pour chacune de nous. J'ai du mal à suivre le rythme organisé car dans la maison de Justin, nous sommes si nombreuses!!!!Tout doit être prêt en un temps record malgré les interruptions perpétuelles des visiteurs qui viennent saluer les membres de la famille, prendre un petit déj, charger son portable, se faire soigner un bobo, boire "un p'tit coup, etc.....
Les journées se terminent souvent par des danses, Djibum, à chaque arrivée de futur initié.( ils ne sont pas tous rentrés en même temps). On me dit que cela dure un an: ceux qui n'ont pas pu entrer avec les autres pour X raison, ont un an pour se présenter et passer ne serait-ce qu'une journée dans le Bois Sacré.
Pendant ce temps, la pluie tombe et tombe chaque jour, "en pagaille" comme on dit. Quand je pense à tous ces gars simplement vêtus d'un pagne et d'un tee-shirt.....dans quel état vont-ils ressortir????
Bon je m'arrête pour le moment car je suis venue à Ziguinchor pour le réapprovisionnement, en prévision de la sortie de Justin et ses frères: beaucoup de gens vont revenir sur l'île assister à la sortie des "rois du moment"!!!!!
Une grande fête et beaucoup de travail pour nous les femmes.....le tout accompagné d'une forte émotion!!!!
De retour à la maison!!!!!
Juste deuxlignes pour vous dire à tous que je suis bien arrivée en Casamance après avoir rejoint Justin à Dakar. La bas, nous avons "récupéré" Emilie qui est avec nous en ce moment. Samedi: tous à Niomoune!!!!!
Emilie et moi sommes de tout coeur avec vous tous qui êtes dans le froid (on a vu les infos hier soir à la télé)BRRRRR!!!!
Courage! Nous, on a un peu chaud mais c'est cool!
Bon! Nous partons au marché! A bientôt tous!!!
















